Sommaire
La radioactivité naturelle.
La radioactivité n'est pas un phénomène exclusivement crée par les activités humaines : elle existe également à l'état naturel. Elle peut nous exposer de plusieurs manières.
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La première : le sol, riche en éléments radioactifs, notamment des trois isotopes qui forment, avec leurs descendants les trois grandes familles des éléments radioactifs :
- le 232Thorium
- l'238Uranium
- l'235Uranium (en faible quantité).
Ces éléments nous exposent par leur présence dans les roches, et bien sur dans les matériaux de construction : c'est le rayonnement tellurique (env. 17 % de la dose de rayonnement naturel, soit 0,41 mSv/an) Ce rayonnement est plus importants dans les massifs granitiques qui contiennent en plus grande quantité du Thorium et de l'Uranium. En France la Corse, le Massif Central et la Bretagne sont les régions les plus concernées.
Radioactivité tellurique moyenne par region en France (Source CEA/IPSN). -
D'autre part, l'un des descendants de l'238Uranium, le 222Radon , est un gaz qui se diffuse depuis le sol et qui peut venir se piéger dans les endroits peu ventilés : grottes, vide sanitaires, caves, sous-sol en général. Le Radon est la principale radioactivité d'origine naturelle (env. 50 % de la dose, soit 1,2 mSv*). Bien sur il sera plus présent dans les massifs granitiques.
-
Les aliments participent également à cette exposition, ainsi le 40Potassium et le 14Carbone, sont naturellement présents chez l'homme (env. 17 % de la dose, soit 0.41 mSv).
-
La quatrième, et dernière composante, est la radioactivité parvenant de l'espace appelée
rayonnements cosmiques
. (env. 16 % de la dose, soit 0.38 mSv). Ces rayonnements proviennent des particules de très haute énergie, qui lorsqu'elles rencontrent la haute atmosphère déclenchent des réactions nucléaire très violentes en percutant ses atomes. L'atmosphère terrestre fourni une bonne protection contre ce rayonnement. Par contre, l'altitude joue un rôle et l'on considère qu'au niveau de la mer il arrive une particule par cm2 par seconde et à 2 000 m, deux particules par cm2 par seconde. De même, la latitude est une variable importante : les particules chargées vont être déviées par les champs magnétiques terrestres ; il y aura donc plus de particules qui entreront au niveau des pôles que de l'équateur. Il est à noter que ces champs magnétiques terrestre sont responsable des aurores boréales.
Il est donc évident que chaque individu, en fonction de son lieu d'habitation et de son alimentation, ne reçoit pas la même dose de rayonnements. Cette dose sera aussi bien influencée par la nourriture que par la latitude, l'altitude ou la nature du sol. On estime la moyenne française de la dose due à la radioactivité naturelle à 2.4 mSv. Elle se répartie comme suit :
La radioactivité artificielle.
A la différence de la naturelle, cette radioactivité est générée par l'homme. De la même sorte, elle participe à la dose délivrée aux populations. Cependant, les plus exposés à cette radioactivité sont les femmes et les hommes qui travaillent aux seins des entreprises utilisant ou générant la radioactivité. La population peut y être toutefois exposé, et de plusieurs manières.
- L'application les plus pénalisante, en terme de dose délivrée au public, est bien sur
la médecine.
Très utilisée dans le milieu médical, la radioactivité sert, entre autre, au
diagnostique,
au traitement des certains cancers, à la mise en évidence de cellules cancéreuses
Les applications médicales représentent environ 1 mSv par an (dans les pays développés). - Une autre application connue est la production d'énergie via les centrales nucléaires.
Bien sur, les centrales ne sont qu'une composante de l'industrie nucléaire qui va de
l'extraction au retraitement, en passant par l'enrichissement et la production électrique ;
schématiquement, c'est l'industrie lourde du nucléaire. Associées aux retombées
des essais nucléaires aériens, à
Tchernobyl
à
Fukushima...
Cette radioactivité représente environ 0,02 mSv/an. - Les activités industrielles non nucléaires (les applications de la radioactivité dans l'industrie sont également très nombreuses) associés aux télévisions, phosphates, combustibles minéraux, représentent, quand à elles environ 0,01 mSv/an
La constitution de la matière.
L'atome.
L'atome (du Grec : ατομος, indivisible) est la plus petite partie existante d'un corps ;
si l'on coupe un atome de
carbone
en deux parties, nous obtenons deux corps différents qui ne ressemblent en rien au carbone.
L'atome est constitué de deux parties principales : le noyau et le cortège électronique ou cortège d'électrons.
- Le noyau est la partie centrale de l'atome,
il contient la presque totalité de la masse de l'atome et sa densité est de 1 017 kg.cm3 (soit 1 000 000 000 de tonnes par cm3).
Le noyau est composé de deux particules : les protons et les neutrons également appelés nucléons.
- Les protons ont une charge électrique élémentaire positive (+1,602 . 10-19 coulomb) et une masse égale à 1,672 . 10-27 kg.
- Les neutrons n'ont pas de charges électrique et leurs masse est de 1,674 . 10-27 kg, donc quasiment égale à celle du proton.
- Les électrons gravitent autour du noyau. La matière étant électriquement neutre, les électrons ont une charge électrique élémentaire négative (-1,602 . 10-19 coulomb) et se trouvent en nombre égal par rapport aux protons. Leurs masse est de 9,109 . 10-31 kg, soit environ 1 850 fois plus petite que la masse d'un nucléon.
Aux approximations prêt, ce sont donc les nucléons (protons et neutrons) qui font la masse de
l'atome.
Cependant, la matière est constituée de vide. L'on considère que le noyau est 10 000
à 100 000 fois plus petit que l'atome dont il est issu.
Si l'atome peut-être représenté par une sphère de l'ordre de 1,10-10 m, le noyau, quant à lui
mesure environ 1,10-15 m.
La notation.
La notation des différents éléments découverts - donc atomes - correspond à une règle précise dont la base s'écrit :
-
X indique le nom de l'élément (une lettre majuscule et une éventuelle minuscule) :
O pour l'oxygène, C pour le carbone, Co pour le cobalt, Pu pour le plutonium... -
A indique, quant à lui, le nombre de nucléons (protons et neutrons) présents
dans le noyau ; l'on désigne A comme étant le nombre de masse, c'est en effet les protons et les
neutrons qui donnent la masse de l'atome :
16 pour l'oxygène, 12 pour le carbone, 59 pour le cobalt, 239 pour le plutonium... -
Z indique le nombre de protons présents dans le noyau ; ce nombre de protons détermine
le nom de
l'élément :
8 pour l'oxygène, 6 pour le carbone, 27 pour le cobalt, 94 pour le plutonium...
Comme ce nombre désigne l'élément il n'est jamais noté.
Cette symbolisation très pratique permet d'en déduire la composition d'un atome :
- A nous donne protons + neutrons,
- Z nous donne les protons (donc les électrons)
- donc A - Z donnera le nombre de neutrons :
8 pour l'oxygène, 6 pour le carbone, 32 pour le cobalt, 145 pour le plutonium...
Ces éléments sont répertoriés dans le tableau de Mendeleïev qui était conçu à l'origine pour les chimistes. A cette époque, les protons n'étaient pas connus et l'on comptabilisait alors les électrons (même nombre que les protons puisque la matière est électriquement neutre). De sorte qu'actuellement le tableau est utilisé de deux manières différentes : les chimiste voient toujours le nombre d'électrons dans Z, alors que les physiciens y voient le nombre de protons. Un tableau bien pensé dés l'origine.
Les isotopes.
L'oxygène (16O) possède donc 8 protons, 8 électrons, et 8 neutrons.
Cependant, cela est vrai dans seulement
99,756 % des cas. Les autres atomes d'oxygènes
présents dans la nature sont différents : ils possèdent un neutrons supplémentaire
ou un neutrons en moins.
Ainsi l'on trouve de l'17O (0,039 %) et de l'18O (0,205 %).
Mais également de l'15O et de l'13O.
Pour l'oxygène nous partons de l'12O jusqu'à l'24O. Ainsi, nous
connaissons 13 atomes d'oxygène différents : ce sont les isotopes de l'oxygène.
Bien sur, chaque élément possèdent également des isotopes :
pour le carbone du 8C au 22C,
le cobalt du 50Co au 72Co,
le plutonium du 230Pu au 247Pu...
Le groupe de tous ces isotopes s'appelle les nucléides : environs 2 500 nucléides ont
été recensés et sur ces 2 500, seulement 274 sont stables, donc non radioactifs.
90 % des nucléides connus sont radioactifs ; pourtant nous ne baignons pas dans une ambiance
radioactive forte. En fait, ces 90 % en nombre, représente une infime partie en volume puisque
les noyaux stables constitue peut-être (?) 99 % de la matière nous entourant.
Vous retrouverez tous ces nucléides dans le tableau périodique.
Les phénomènes de la radioactivité.
Dans les phénomènes de la radioactivité l'on entend souvent parler des rayons α (alpha), ß (bêta), g (gamma), X, neutrons. Chacun de ces phénomènes apparait de façons bien spécifiques : avec la multitude de combinaison protons-neutrons, certains atomes se retrouvent avec trop de protons d'autre avec trop de neutrons et certain avec trop des deux. Cet excès, dans un sens comme dans l'autre, déséquilibre le noyau ; il devient instable. Le noyau va donc se désintégrer et éjecter une particule.
Les noyaux légers et moyens (Z < 83).
Soit ils ont trop de protons, soit ils ont trop de neutrons.
Trop de protons.
Au sein du noyau, un proton se désintègre et de cette désintégration
naissent trois choses :
- Un neutron, il est strictement identique à un autre neutron du noyau.
- Un positon, il possède la même masse qu'un électron mais une charge électrique élémentaire opposée : c'est l'antimatière de l'électron. Bien souvent, par abus, l'on parle d'électron positif et non de positon. Ce positon est éjecté à vitesse très rapide (environ 270 000 km/s soit 90 % de la vitesse de la lumière) on l'appelle la particule β+ (bêta plus).
- Un neutrino, il ne contient pas d'énergie pouvant incider sur la matière, de ce fait il ne tient aucun rôle en radioprotection et ne sera pas développé.
La formule générale est :
Ou plus simplement.
Soit.
Par ex..
Cependant, un autre phénomène peut également apparaître : la capture électronique.
Le noyau, trop riche en charges positives, va capturer, par le biais d'un proton,
un électron des couches périphériques (généralement K ou L).
La formule générale est alors :
Ou plus simplement.
Soit.
Par ex..
Trop de neutrons.
Au sein du noyau, un neutron se désintègre et de cette désintégration naissent également trois choses :
- Un proton, il est strictement identique aux autres protons du noyau.
- Un négaton, il possède la même masse qu'un électron ainsi que la même charge électrique élémentaire. Par abus de langage, l'on parle d'électron et non de négaton. Sa vitesse d'éjection est également d'environ 270 000 km/s. On l'appelle la particule β- (bêta moins).
- Un anti-neutrino, il ne sera pas non plus pris en compte pour la radioprotection.
La formule générale est :
Ou plus simplement.
Par ex..
Les noyaux lourds (Z > 83).
Ils ont trop de nucléons. Le noyau possède suffisamment d'énergie pour éjecter d'un coup deux protons et deux neutrons ou un noyau d'hélium : on l'appelle la particule α (alpha). Elle est éjectée à une vitesse de l'ordre de 20 000 km/s, soit environ 15 % de la vitesse de la lumière.
La formule générale est :
Par ex..
Dans presque tous les cas, après une désintégration α, β- ou β+, il subsiste de l'énergie
au sein du noyau. Celui-ci va donc la perdre et retrouver son état fondamental en émettant
un rayonnement γ : seuls quelques uns seront émetteurs β pur
, comme par
exemple : le tritium (3H) ou le 63Ni.
Ce rayonnement γ (lambda) est en fait un rayonnement électromagnétique qui provient du noyau et ne possédant ni charge électrique, ni masse : il transporte cependant de l'énergie ; sa vitesse est celle de la lumière, soit 299 792 km/s.
De la même sorte, il existe d'autre rayonnements électromagnétiques comme par exemple les ondes radio, les infra-rouges, la lumière visible, les ultra-violets, les rayons X, les rayonnements cosmiques
Ce γ est émis immédiatement après la désintégration du noyau, sauf à quelques exceptions où il sera émis après en temps de latence : l'atome sera qualifié de métastable.
On le note ainsi :
où le m signifie métastable.
Suite à une capture électronique, la place laissée libre par un électron sur la couche K ou L va très rapidement être comblée par un électron des couches supérieures. L'on appelle ce phénomène le réarrangement du cortège électronique. Cela se traduit par l'émission de rayons X, également d'origine électromagnétiques.
Si le rayonnement γ provient exclusivement du noyau et possède une énergie comprise entre 10 keV et quelques MeV, le rayonnement X, quand à lui provient du cortège électronique et à une énergie comprise entre 10 et 100 keV.
La fission.
La fission spontanée est un cas très rare de désintégration : c'est la scission du noyau.
L'238Uranium
y parvient, avec une période de 1 016 ans, soit 20 atomes par gramme et par heure.
A l'issue de cette fission, l'on retrouve bien sûr deux nouveaux noyaux plus légers : les produits de fission.
Cette fission s'accompagne d'une émission de neutrons (en moyenne 2,5) et de rayonnements γ.
Les noyaux produits sont également radioactifs et se désintégrent en émettant un rayonnement β.
Les lois de la radioactivité.
La constante radioactive
La constante radioactive (issue de la loi de décroissance radioactive) fut découverte en 1902 par Ernest Rutherford et Frederick Soddy. Elle s'applique à tous les noyaux instables. Cette constante radioactive se nomme λ (lambda), c'est la probabilité qu'a de se désintégrer par intervalle de temps (dt) chaque atome d'une population identique d'isotope.
Le nombre moyen dN d'atomes se désintégrant durant l'intervalle de temps dt est :
D'où, par intégration
λ (lambda) la dimension de l'inverse d'une durée
(seconde-1, minute-1, heure-1, jour-1, an-1)
| Isotope | Periode (T) | λ | Masse (g) |
| 198Au | 2,695 jours |
0,257 jour -1 | 11,05 . 10-8 |
| 222Ra | 3,823 jours | 0,181 jour-1 | 17,577 . 10-8 |
| 32P | 14,28 jours | 1,164 heure-1 | 9,458 . 10-8 |
| 60Co | 5,271 ans | 0,131 an-1 | 2,39 . 10-5 |
| 137Cs | 30,15 ans | 0,276 minute-1 | 3,122 . 10-4 |
| 226Ra | 1 600 ans | 0,433 . 10-3 ans-1 | 2,734 . 10-2 |
| 235U | 7,037 . 108 ans | 9,847 . 10-10 ans-1 | 1,250 . 104 |
| 238U | 4,468 . 109 ans | 1,551 . 10-10 ans-1 | 8,04 . 104 |
Sur ce tableau nous pouvons voir plusieurs choses : tout d'abord, chaque isotope à une période différente, donc
un λ différent. Plus la période sera faible, plus la constante radioactive sera élevée, plus il y aura
de noyaux qui se désintégreront par unité de temps ; il faudra alors moins d'atomes pour obtenir une activité identique.
Pour le 226Ra, il y aura environ 1 noyau par seconde (1,37 en fait) qui se désintégrera sur cent milliards,
alors que pour l'198Au il y en aura environ 3 sur un million.
- 1 Ci (Curie) de 226Ra aura une masse de 1 g,
- 1 Ci (Curie) de 240Pu aura une masse de 22,2 kg
- 1 Ci (Curie) d'238U aura une masse de 3 tonnes.
λ est indépendant des conditions extérieures au noyau (température, pression, combinaison chimique),
celui-ci étant protégé par son cortège électronique.
Cependant il existe quelques exceptions, comme par exemple : l'influence de la combinaison chimique pour le
7Be
lorsqu'il est présent dans la molécule 7BeF2.
L'influence du champ électrique de cette molécule donne un
Il y a donc une variation de λ de l'ordre d'un millième. De même, la pression tend à augmenter λ.
Pour une pression de 108 Pa,
- le pour le 7Be est de 2,2 . 10-5 (environ 200 millièmes)
- et celui du 99mTc est de 4,6 . 10-6.
La période radioactive
La période radioactive (T) est le temps nécessaire pour que la moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans un radioélément se désintègrent. Ainsi l'on écrit :
d'où
soit:
d'après la loi de la constante radioactive, l'on peut alors écrire
L'activité
C'est le nombre de désintégrations par seconde. Une désintégration par seconde
correspond à un Becquerel (1 Bq). L'on comptabilise ici les particules α et β
émises lors des désintégrations mais l'on ne compte ni les γ ni les X émis alors, dont le
nombre moyen est généralement très souvent différent de 1.
Au bout d'une période, une source radioactive aura perdu la moitié de son activité.
Lors de mesures de radioactivité, l'on évaluera le débit de dose engendré par les β et celui engendré par les γ de manière différente et dissociée. Les deux débits de doses s'additionneront. Au bout d'une période, le débit de dose aura également diminué de moitié.
Les unités
Les unités utilisées sont celles du système international (SI) ; elles proviennent des 7 unités dérivées de ce système,
qui sont issues des unités de base que sont :
le mètre (m), le kilogramme (kg), la seconde (s), l’ampère (A), le kelvin (K), la mole (mol) et le candela (cd).
(c.f. notre page sur Les unitées du Système international).
L’activité
L’unité de l'activité est le becquerel : Bq.
Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.
L'ancienne unité est le Curie (Ci). C'est une unité historique découverte par Pierre et Marie Curie, et qui correspond à l'activité d'un gramme de 226Ra ; en fait, un gramme de 226Ra; a une activité de 0,989 Ci. Un Ci et égal à 37 GBq soit 37 milliards de désintégrations par seconde.
Le Bq est une unité très petite et l'on emploi bien souvent ses multiples. (c.f. notre page sur Les multiples).
- le kilobecquerel kBq (103 Bq)
- le mégabecquerel MBq (105 Bq)
- le gigabecqurel GBq (109 Bq)
- le térabecquerel TBq (1012 Bq)
| 1 litre d'eau de pluie | 0,3 à 1 Bq |
| 1 litre de lait | 80 Bq |
| 1 kg de poisson | 100 Bq |
| 1 kg de sol sédimentaire | 400 Bq |
| 1 kg de sol granitique | 8 KBq |
| 1 kg d'238U | 25 MBq |
| 1 source de 63Ni dans un chromatographe | 370 MBq |
| 1 source d'192Ir dans un gammagraphe | 3 TBq |
| Activité en 131I relâchée par Tchernobyl. | 7 EBq |
La dose
L'unité de dose est le gray : Gy.
Le gray correspond à une unité d’énergie dissipée dans une unité de matière, soit à un joule par kilogramme (J/kg).
-
Le joule correspond au travail produit par une force de 1 newton dont le point d'application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force. - Quand au newton c’est la force qui communique, à un corps ayant une masse de 1 kilogramme, une accélération de 1 mètre par seconde carrée.
1 Gy = 100 Rad.
L’équivalent de dose
L'unité d’équivalent de dose est le sievert : Sv.
A dose absorbée égale, les divers rayonnements produiront des effets biologiques différents.
La Commission internationale de protection radiologique (IRCP) a définit,
en fonction de la nature des rayonnements, un facteur de pondération WR.
L’équivalent de dose est donc égal à la dose pondérée.
Le facteur de pondération WR remplace l’ancien facteur de qualité (FQ).
1 Sv = 1 Gy x WR
Le sievert est l’unité de la radioprotection puisqu’il représente les effets biologiques engendrés sur l’homme.
L’ancienne unité est le rem (rad equivalent man). 1 Sv = 100 Rem
A contrario du becquerel, c’est une unité très grande et l’on emploiera souvent ses sous-multiples :
- le microsievert μSv (10-6 Sv)
- le millisievert mSv (10-3 Sv)
| Nature | Energie | WR |
| Photons | toute les énergies | 1 |
| Electrons | toute les énergies | 1 |
| Neutrons | < 10 keV | 5 |
| 10 keV-100 keV | 10 | |
| 100 keV-2 MeV | 20 | |
| 2 MeV-20 Mev | 10 | |
| > 20 Mev | 5 | |
| Protons (autre que ceux de recul) | > 2 MeV | 5 |
| Particule α, fragment de fission | 20 |
Definition du risque.
Trois risques peuvent être définis :
L'exposition externe sans contact
Dans ce mode d'exposition, l'individu n'est pas en contact avec la matière radioactive : elle est à
l'extérieure de son corps et il ne la touche pas.
C'est le terme qui définie l'irradiation.
Nous retrouverons ce risque d'exposition lors de l'utilisation de sources radioactives sous forme scellée
(rayonnement γ, β), de générateurs électriques de rayons X (rayonnements X), mais aussi lors de la
manipulation de sources non scellées (rayonnements γ et β).
Ce risque n'existe pas avec les α du fait de leur très faible parcours dans l'air.
Une irradiation peut être globale (corps entier) ou partielle (localisée) ; les effets seront
d'autant plus graves que la dose sera élevée.
L'exposition externe avec contact
Ici, la matière radioactive est toujours à l'extérieur du corps, mais cette fois ci au contact.
C'est le terme qui défini la contamination externe.
La matière radioactive est assimilable à des poussières qui viendraient se déposer sur la peau.
Nous retrouvons ce risque d'exposition lors de l'utilisation de sources non scellée (rayonnement
γ, β).
L'exposition interne
La matière radioactive, cette fois ci, a pénétré à l'intérieur du corps.
C'est le terme qui défini la contamination interne.
Nous retrouvons ce risque d'exposition lors de la manipulation de source non scellées
(rayonnement γ, β).
Il existe plusieurs voies d'incorporation :
- l'ingestion,
- l'inhalation,
- la pénétration par une plaie ouverte,
- la pénétration trans-cutanée.
Contamination et irradiation
Il est très important de comprendre la différence entre une contamination, interne ou externe, et
une irradiation.
Dans un cas comme dans l'autre, le risque n'est pas dû à la même quantité de matière.
Nous avons vu qu'à l'échelle atomique la matière est constituée de vide, le corps
humain également. Les rayons γ (parcours dans l'eau de quelques m) n'étant pas chargés électriquement
ne seront pas attirés par les constituants de la matières (électrons ou noyaux) et devront être très
nombreux pour qu'il y ait une probabilité qu'ils entrent en interaction avec eux, donc qu'ils
engendrent des modifications chimiques à nos cellules humaines en leur cédant leur énergie.
Par contre, les rayons β (parcours de quelques mm dans l'eau) et à plus forte raison les rayons α
(parcours de quelques mm dans l'eau), lorsqu'ils sont ingérés, vont générer des
modifications chimiques au sein de nos cellules dés les plus faibles quantités.
C'est pourquoi, une faible quantité de matière peut être dangereuse en ingestion et ne représenter
qu'un risque très faible du point de vu de l'irradiation.
Ce risque est bien représenté par les champignons contaminés suite à l'accident de
Tchernobyl.
Ne présentant pas de risque lorsqu'ils sont à l'extérieur ne notre corps, ils deviennent dangereux en cas
d'absorption.
De même, les vapeurs d'une cuillère à soupe d'eau de Javel concentrée paraissent bien
inoffensives au vu des dégâts occasionnés en cas d'ingestion.
Les moyens de protection.
Les moyens de protection sont simples ; leur but est d'éviter une exposition qui engendrera une dose.
Il en existe quatre :
La réduction de l'activité.
C'est un moyen de protection particulier et qui n'est pas utilisable de manière facile.
Tout d'abord, lorsque l'on acquière une source radioactive, le constructeur de l'équipement dimensionne
l'activité de la source, de manière optimale. De telle sorte, l'on a peu d'influence par rapport à l'activité.
Par contre, l'abaissement de l'activité est une technique utilisée dans les centrales nucléaires.
Lors d'un arrêt pour changement de combustible, avant l'intervention des opérateurs, l'exploitant se charge de rincer les
circuits, notamment le circuit primaire, afin d'abaisser l'activité, et donc les débit d'équivalent de dose ; cela
permet de diminuer la dosimétrie individuelle, mais également collective. Cependant cette activité n'est pas éliminée,
elle est seulement concentrée dans des filtres qui deviennent donc extrèmement radioactifs.
Dans les laboratoires où sont utilisées des sources non scellées, celles-ci étant toujours composées de radioéléments
à vie courte (période de l'ordre du jour ou du mois), les déchets sont gérés
grace à la baisse d'activité du à leur décroissance radioactive. L'on considère alors, car les activités manipulées
sont faibles (quelque kBq à quelque MBq), qu'il faut attendre 10 périodes pour retrouver un radioactivité proche
de la naturelle (soit une réduction de 210 ou de 1 024 fois l'activité initiale).
Les déchets sont alors considérés comme des déchets chimiques classiques et sont éliminés comme tels.
Il est à noter que dans le cas énuméré ci-dessus, c'est surtout le facteur temps qui est pris en compte.
Le temps
C'est un facteur qui va déterminer de façon importante la dose. Il est très facile de
comprendre que plus le temps sera long, plus la dose intégrée sera importante.
Exposé à un débit de dose de 50 mSv/h durant 1/4 h, un individu intégrera une dose de 25 mSv.
S'il reste 2 h, sa dose sera alors de 100 mSv.
La dose est donc strictement proportionnelle au temps : débit * temps = dose.
Il est absolument inutile et malvenu de stationner sans raison dans une ambiance radioactive, si faible soit
elle ; de plus il est essentiel d'optimiser son temps de séjour à proximité de matériel radioactif.
La distance
Elle joue un rôle identique au temps et logiquement, plus l'on s'éloigne de la source, plus le débit
de dose diminue.
Cependant deux cas de figure peuvent se présenter :
Source ponctuelle (assimilable à un point)
L'on dit qu'une source est ponctuelle lorsque la distance à laquelle on se trouve par rapport à celle-ci est au moins
égale à 5 fois son diamètre. En industrie, la plupart des sources scellées utilisées sont ponctuelles.
Dans le cas de sources ponctuelles, le débit de dose est inversement proprtionnel au carré de la distance.
En effet, une source radioactive émet en 4π, c'est à dire dans toutes les directions de l'espace ; elle libérera
donc son énergie de manière spatiale. Ce phénomène n'est pas propre à la radioactivité mais se rencontre également
dans d'autres domaines, comme le bruit et la lumière.
Le schéma ci-dessous illustre bien l'influence de la distance pour une source ponctuelle.
Il apparaît donc que si l'on double la distance, l'énergie d'une source donnée n'est plus
dissipée sur une surface de 2 fois 4 carreaux, mais sur une surface de 4 fois 4 carreaux.
Le débit de dose sera diminué d'un facteur 4 et non d'un facteur 2.
Si l'on triple la distance, l'on diminuera d'un facteur 32.
Il est donc assez facile de se protéger d'une source ponctuelle en utilisant la distance qui décroîtra
rapidement, mais à l'inverse, le débit de dose va croître de façon exponentielle lorsque l'on se
rapprochera : il est donc strictement interdit de toucher une source radioactive avec les doigts, même si celle ci est de faible
activité.
Source linéaire (assimilable à une ligne)
Une source linéaire est tout simplement une succession de sources ponctuelles. En fait, dans l'industrie,
on rencontre peu de sources linéaires.
Dans une centrale nucléaire, une source linéaire peut prendre forme dans une
tuyauterie lorsque celle-ci se remplit de boue radioactive par exemple.
L'industrie chimique utilise des sources linéaires pour mesurer des niveaux, dans ce cas,
la diminution du débit de dose est strictement proportionnelle à l'augmentation de la distance :
on double la distance, donc on diminue le débit de dose d'un facteur 2.
Il est beaucoup plus difficile (par rapport à une source pontuelle) de se protéger
d'une source linéaire en jouant sur la distance.